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Chrome : ces extensions qui changent votre moteur de recherche pour gratter de la pub

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Trouver un manuel, convertir un PDF ou sécuriser ses recherches : voilà des fonctions pratiques pour des extensions Chrome. Mais des centaines d’entre elles servent surtout à rediriger les requêtes vers Yahoo ou Bing pour toucher des revenus publicitaires…

Installer une extension pour dénicher une notice, pourquoi pas. Lui confier ses recherches au passage, c’est une autre affaire. Derrière des extensions comme Safe Game Search ou PDF Manual Finder, des modules modifient le moteur de recherche par défaut du navigateur. Les requêtes transitent alors par un serveur intermédiaire avant d’arriver, généralement, chez Yahoo ou Bing.

Un petit réglage qui peut rapporter gros

L’enquête de Socket identifie 264 extensions supplémentaires, représentant environ 8,7 millions d’utilisateurs. Avec les précédentes découvertes, le total atteint 319 extensions et 13,4 millions d’utilisateurs depuis 2016. Toutes ne sont donc pas forcément encore installées ou disponibles aujourd’hui.

Le fonctionnement repose sur les programmes de partenariat de Yahoo et Microsoft. Les entreprises qui leur apportent des recherches touchent une partie des revenus publicitaires associés. Des identifiants ajoutés aux adresses permettent de comptabiliser ce trafic. Pour modifier le moteur de Chrome, quelques lignes de configuration suffisent.

L’extension Safe Game Search ne contient ainsi qu’un fichier de paramètres et trois icônes. Pas d’interface, pas de script injecté dans les pages : difficile de faire plus sommaire. Chrome avertit l’utilisateur du changement de moteur à l’installation. Mais cet avertissement n’explique pas clairement par quels serveurs les recherches vont passer, souligne l’enquête.

Or, l’intermédiaire peut voir les requêtes et potentiellement les associer à une adresse IP ou à un identifiant. Leur éventuelle revente reste une hypothèse : les observations des chercheurs en sécurité ne la démontrent pas. Le serveur peut aussi changer la destination à chaque demande.

Avec Predator Search, qui affichait 50.000 utilisateurs, six recherches identiques ont abouti à quatre destinations différentes, dont Yahoo, des pages intermédiaires et une erreur Cloudflare. Des redirections malveillantes seraient donc techniquement possibles, sans que l’enquête établisse de telles attaques.

Ces extensions ne comptent pas seulement sur les recherches dans la boutique de Google pour se faire connaître : la majorité sont même absentes des résultats du Chrome Web Store. Leurs fiches restent accessibles avec un lien direct. Les publicités se chargent de les promouvoir : une annonce vante un outil pratique, puis une page invite à l’ajouter à Chrome.

L’enquête rattache environ 111 extensions et 2,2 millions d’installations à Intango LTD. Un autre ensemble, baptisé « Bing-Search », réunit 37 extensions et environ 2,21 millions d’utilisateurs, sans attribution certaine. Le phénomène dure depuis dix ans. Des extensions disparaissent, de nouveaux domaines apparaissent, et les mêmes promesses reviennent. Avec, parfois, une fonction parasite : rémunérer un tiers à chaque recherche.

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